PUISQUE LA TERRE EST RONDE

 
 

C’est une aventure incroyable, d’ailleurs personne n’y a cru, à l’exception de quelques savants bien informés…

Il y a 2300 ans, à l’époque d’Aristote et d’Alexandre le Grand, un Marseillais intrépide est allé explorer les régions de l’extrême nord de l’Europe, inconnues des peuples de la Méditerranée. À son retour, il a raconté son voyage. Mais son récit a disparu. Seuls quelques rares témoignages ont subsisté jusqu’à nos jours. Ils nous parlent de l’Océan, des étoiles du Grand Nord et de la mystérieuse Thulé, l’île du bout du monde.

Au fil du temps, le pâle souvenir de Pythéas le Massaliote s’est éclairé d’une littérature romanesque teintée de mythologie. Mais que nous révèle l’Histoire ? À la lumière de la science contemporaine, François Herbaux nous invite à explorer le passé pour tenter de découvrir le vrai Pythéas. L’excursion nous fait voyager à travers des siècles de littérature antique, jusqu’à l’aube du Moyen Âge autant qu’à notre époque, dans le secret des bibliothèques et des laboratoires de recherche.

Page après page, le personnage de Pythéas réapparaît dans sa dimension historique. Astronome, naturaliste, anthropologue, philosophe, écrivain, l’explorateur marseillais, pour François Herbaux, peut aussi être considéré comme l’un des tout premiers reporters scientifiques, auteur d’un récit… incroyable.

18 x 24 cm. 170 p.

Prix : 19 euros

Éditions Vuibert (2008)

ISBN : 978-2-7117-2486-4


PRÉFACE

DE

JEAN-PIERRE

SIVAN

Un clin d’œil à Hérodote, et c’est parti ! Au fil de son enquête sur l’incroyable aventure de Pythéas, François Herbaux nous entraîne dans un passionnant périple, à la recherche d’indices, sinon de preuves, permettant de reconstituer ce que fut la vie lointaine de cet illustre Marseillais. L’excursion dans le passé nous emporte au quatrième siècle avant notre ère : François Herbaux veut faire la vérité sur Pythéas et tenter de débrouiller ce qui, à son sujet, relève du mythe, de la légende, du mensonge, de la mauvaise interprétation ou de la réalité historique. Nous discutons avec des philologues, nous rencontrons des géographes, des géophysiciens, nous interrogeons des historiens, des archéologues, nous recueillons l’expertise d’astronomes. Ces chercheurs nous ouvrent la porte de leur institut, parfois de leur domicile ou nous amènent sur le terrain de leurs fouilles. Nous les surprenons plongés dans des manuscrits ou des palimpsestes, nous partageons leur enthousiasme, leurs doutes, leurs difficultés, parfois leur quotidien et leurs soucis administratifs.


À l’occasion de ces déplacements, l’auteur nous apprendra comment en 1976 Yvon et Yvonne Georgelin furent les premiers à révéler la structure de notre Voie Lactée, comment en 2002, les classiques Budé, chers à nos humanités, ont manqué disparaître à jamais dans un incendie rappelant celui de la bibliothèque d’Alexandrie ; plus loin, nous admirerons l’architecture de l’abbaye de Moissac, nous croiserons une « manif anti-CPE », avant de tomber sous le charme de la Ballade du Roi de Thulé… Face à la complexité de la tâche que l’auteur s’était assignée, Pythéas ne serait-il devenu plus qu’un prétexte ? Certes non, ces heureuses digressions, François Herbaux a voulu nous les faire partager. Elles font partie intégrante de son reportage mais jamais ne nous font perdre le fil du récit qu’elles illustrent avec bonheur.


L’enquête est minutieuse, exhaustive, rigoureuse, elle offre à voir de près comment la recherche avance et comment, au croisement de différentes disciplines, les vérités historiques sont difficiles à établir. Les références fusent : Pythagore, Ératosthène, Strabon, Pline, Cléomède… Cet ouvrage est aussi l’occasion de se plonger dans « le miracle grec », de demeurer une fois encore interdit et rêveur devant la puissance d’analyse, l’intuition, le génie des philosophes et savants de cette époque unique, dont Pythéas fut un acteur. François Herbaux nous les rend accessibles. La méthode qu’il emploie, la clarté de son style, son humour toujours présent, son talent de narrateur, ne manquent pas de nous séduire et cette étude qui eût pu être assommante, jaillit à nos yeux, vivante, limpide, passionnante. Déroutante parfois, tant il est difficile de reconstituer les faits et gestes d’un personnage qui a vécu il y a 2300 ans, voire éprouvante pour les admirateurs inconditionnels de notre illustre compatriote (dont je suis) lorsque d’aucuns n’hésitent pas à le traiter de menteur, de méchant affabulateur… oseraient presque prétendre qu’il n’a jamais existé !


Mais le dernier chapitre calme nos inquiétudes et fait avec justesse la part des choses. François Herbaux privilégie la rigueur au sensationnel (à l’inverse des pratiques habituelles des médias d’aujourd’hui !) : voilà, nous dit-il, ce qui peut être considéré comme sûr ou quasi-sûr, voilà ce qui est probable, voilà ce que l’on ne sait pas, que l’on ne saura sans doute jamais, à moins que… Le miracle peut encore se produire, quelque découverte spectaculaire peut à tout moment apporter des éléments nouveaux sur la vie de Pythéas, sur ses travaux, sur ses voyages.


Saura-t-on un jour qui était vraiment cet homme ? Était-il grand, petit, ascète ou bon vivant, uno bouco-fino, un pistachié (1) ? Plus sérieusement, était-il au courant des idées de Démocrite, reprises plus tard par Épicure, sur la pluralité des mondes ? Pouvait-il imaginer qu’elles trouveraient en Provence à la fin du vingtième siècle la preuve de leur bien-fondé ? Avait-il songé qu’un jour, au nord du Luberon, seraient découvertes des planètes en orbite autour de ces lointaines étoiles que l’on voit la nuit briller dans le ciel, celles-là même qu’il observa longuement sur les bords du Lacydon ou depuis des contrées septentrionales et dont les positions sur la voûte céleste n’ont en vingt-trois siècles que légèrement changé ? Si Pythéas demeure le témoin le plus ancien d’une activité astronomique en Provence – ce qui le rend si attachant pour les astronomes provençaux – il fut aussi un savant complet. Par l’extraordinaire précision de ses observations, qu’elles fussent astronomiques, anthropologiques, géographiques, et la rigueur de sa démarche, il était assurément un de ces esprits hors du commun dont on dit chez nous qu’ils lèvon la paio di perlo fino (2) .



Jean-Pierre Sivan

Astrophysicien

Directeur de recherche au CNRS

Ancien directeur de l’Observatoire astronomique

de Marseille-Provence


(1) En provençal, uno bouco-fino = un gourmet, un pistachié = un coureur de jupons.

(2) Expression provençale signifiant mot à mot « enlèvent la paille des perles fines », désignant un esprit subtil, fin comme l’ambre.

L’auteur

 

François Herbaux a fait ses premiers pas de reporter au quotidien roubaisien Nord-Éclair avant de rejoindre la rédaction de La Voix du Nord.


Depuis 1992, il travaille à Marseille, point de départ de ses enquêtes sur les chemins de l’histoire, de la culture et des sciences. Il conserve néanmoins de profondes attaches avec son Nord natal.

BIBLIOGRAPHIE

Puisque la Terre est ronde

Enquête sur l’incroyable aventure

de Pythéas le Marseillais

Nos ancêtres du Midi

Enquêtes sur la préhistoire

de Sigean à Menton

OUVRAGES COLLECTIFS

Enquête sur l’incroyable aventure

de Pythéas le Marseillais

QUELQUES LIENS

25 ans de Marseille

Par ses journalistes

26 siècles de Marseille

Par 26 journalistes

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