ON M’APPELLE SPOUTNIK

Récits d’une enfance dans le Nord

Je suis né le 4 octobre 1957. Le docteur m’a surnommé Spoutnik.

Mon histoire se passe dans les années 60-70, dans une ferme du Nord… Ça y est, direz-vous, encore un roman agricole sur fond de souvenirs d’enfance! Ça sent déjà sa paysannerie, son musée des traditions, ses greniers rances et ses costumes défraîchis… Vous n’y êtes pas. J’ai côtoyé trop de vieilleries d’un autre âge pour en cultiver la nostalgie. Au contraire, pour les avoir subies à l’heure du rock’n’roll et de la pop music, je n’ai cessé, à ma manière, de résister aux traditions. J’ai fait Mai 68, moi! à ma façon. J’avais dix ans.

On m’appelle Spoutnik est la curieuse histoire d’un journaliste en herbe confronté par les hasards de la vie à une caricature d’enfance. Ne rigolez pas, c’est pas drôle. 

Ou alors lisez ce livre, vous verrez, c’est pas triste!


LA CRITIQUE DE JEAN-YVES MÉREAU (*)

Ne pas hésiter parfois à sortir de l'ombre un livre qui date un peu car on découvre un bel ouvrage n'ayant rien perdu de la fraîcheur de sa jeunesse. Ainsi, je viens de lire avec plaisir et d'une traite (de vache évidemment !) le beau livre de François Herbaux, On m'appelle Spoutnick, souvenirs d'une enfance dans une ferme de la banlieue lilloise, à deux pas de Roubaix, mais bien autre chose qu'un regard mélancolique sur une jeunesse enfuie. Rien de nostalgique ou d'ethnologique, mais beaucoup de tendresse et d'amour pour une société disparue, absorbée par la métropole. François Herbaux ne nous entraîne pas en voyeur dans ce petit monde qui parle encore couramment le patois tout en découvrant l'élevage intensif des poules pondeuses qui finissent égorgées dans la cour pour être vendues aux citadins attirés par la bonne affaire, ou en lot à la ducasse de l'amicale laïque. Jamais pontifiant ou moralisateur, François Herbaux pose un regard acidulé sur une petite société bigote méfiante des laïcards du quartier d'à côté. On respire le grand air de la plaine flamande et on hume le parfum exotique de la Belgique. Les animaux fréquentent les humains et finissent parfois écrasés par imprudence en traversant la départementale ou castrés quand ils sont trop indépendants pour le petit cavalier qu'on leur colle sur le dos. Entre fossés et taillis, les enfants découvrent la vie à petites touches.

C'est merveilleusement écrit et plein de trouvailles qui nous font entrer dans un monde merveilleux. Alors procurez vous au plus vite On m'appelle Spoutnick. Si vous êtes du Nord, vous redécouvrirez avec affection votre pays, si vous êtes d'ailleurs, François Herbaux vous fera aimer ce pays, car ce n'est surtout pas un roman régionaliste mais une jolie oeuvre littéraire.

(*)Jean Yves Méreau est journaliste et écrivain, auteur d’essais politiques et de l’inqualifiable roman « de guère » Ça ira mieux quand on sera mort (Librinova).

Illustrations : paysages de Sailly-lez-Lannoy (Nord).

francoisherbaux.fr